Dimanche 26 octobre 2008
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Ou presque puisque dans le calendrier Maya un mois dure paraît-il 28 jours, un mois alors que j'ai l'impression que
c'était hier que je changeais mes dollars à Caracas et que je retrouvais Antonello à Maracaibo (Ve) pour franchir la frontière et commencer notre périple en Colombie... un mois que nous avons
décidé d'ouvrir ce blog et que nous n'avons pas écrit pour vous donner une petite idée d'où nous sommes et d'où nous allons.
Le problème principal c'est le temps, un mois est beaucoup trop court, avec 28 jours ou plus, et il n'y a pas assez de 24 heures dans une journée
pour voir/expérimenter tout ce que je croise sur mon chemin, alors me poser derrière un ordi... Le deuxième problème, c'est la connexion internet dont le débit, lorsqu'il existe, est à peu près
égal à la ponctualité des transports en commun ;) Bref, tout ça pour vous dire que je suis vraiment désolée de ne vous donner des nouvelles que maintenant!
Mais c'est un fait, très frustrant, de savoir que le temps nous est compté pour visiter ce continent. La Colombie en
24 jours, bref mais intense! En commençant sur les chapeaux de roue: petit trek chez les Koguis (communauté descendante des Taironas, civilisation précolombienne au combien éclairée que notre
très développée société européenne a largement décimée...).
Après des heures inconfortables entassés dans un vieux tacot vénezuélien à manger la poussière et jeter un oeil aux costumes traditionnels des femmes de la Guajira, SantaMarta est la première
ville où nous atterrissons, sans prétention mais une touche coloniale appréciable après le néant architectural du Vénezuela. On a très vite émigré à Taganga, petit village de pêcheurs et de
touristes (une grande majorité de gringos et d'israélites) et véritable base d'opérations: direction Ciudad Teyuna, la cité perdue de la Sierra Nevada! La perspective de 6 jours de marche pour
rejoindre une cité précolombienne découverte il y a environ 30 ans est particulièrement excitante et nos compagnons de voyages sont plus que sympas, trois frenchies en particulier avec un moral
d'enfer et un jukebox branché sur nostalgie même dans les moments de détresse totale,
sous la pluie, dans la boue après deux heures de montée ininterrompue! C'est finalement après avoir traversé la forêt, machouillé de la coca, bu de la canne à sucre, assisté aux courses de jeunes
Koguis avec chiens et cochons, tapé la discut' avec leur grand-mère et traversé neuf fois le même fleuve que la cité se laisse apercevoir: encore 2000 marches, humides et recouvertes de mousse
que je finis par escalader en chaussettes, tellement plus adhérentes que mes grosses godasses! Et c'est sous l'ondée tropicale que l'on traverse la ville, silencieuse, intimidante, toute de vert et de gris vêtue, une
odeur de terre mouillée et de centaines d'années qui flotte dans l'air. La nuit tombe quand nous atteignons le refuge et ce soir encore c'est rhum, percussions et coinche avec José Garcìa, plus
grand crooner de la selva!
Le retour est comique, la bande se retrouve pour un dîner et nous marchons tous comme des marionnettes mal articulées, mais je n'ai pas vraiment le temps de me rendre compte, nous sommes déjà en
route pour Cartagena de Indias, le joyau de la Colombie...
Enfin, ça n'empêche pas que les bidonvilles sont là aussi, mais c'est comme chez nous, on ne les voit pas. Mais il faut bien le reconnaître, la vieille ville est somptueuse, un mélange parfait de
couleurs, de maisons coloniales superbes, de balcons de bois qui surplombent des ruelles sans voitures, de patios rafraîchissants et l'envie irrésistible de rester quelques jours de plus dans ce
décor magique. On retrouve d'ailleurs nos amis de Taganga. On retrouve d'ailleurs tous les touristes du monde. A part déambuler toute la journée dans ce décor de rêve, siroter quelques bières
bien fraîches et faire un bain de boue dans le volcan d'à côté, RAS ;)
Un beau matin, on finit tout de même par retrouver la motiv', et choper un bus pour Santa Cruz de Mompòx, petite ville insulaire classée au patrimoine mondial de l'Unesco, hors de tous les
circuits traditionnels de backpackers, une aubaine pour nous qui cherchons de l'authentique. On a été bien servi, à commencer par le bus...toute une histoire. Le voyage le plus long, digne d'être
inscrit au guiness des records: 15 heures pour faire 248 km, que du bonheur! Une nouveauté cette fois, nous avons du descendre du bus qui devait embarquer sur le bac pour traverser le Rìo
Magdalena (400 mètres de large facile!). Le bus n'a finalement jamais embarqué, un autre oui, mais les mecs avaient revendu nos places, fin du voyage debout, et là...c'est la panne! Une bonne
expérience au final, le genre de moment qui rapproche les gens, fait tomber les barrières et rend la communication plus facile. Certains habitants de Mompòx nous ont fait leurs doléances, à
propos des politiques tous corrompus, de l'état lamentables de la seule route qui traverse l'île (la route est effectivement parsemée de cratères) et de l'abandon de la ville en général. Mompòx
est en effet complètement livrée à son sort, elle semble avoir arrêté de se développer il y a 150 ans et les grandes bâtisses coloniales qui font le charme de Cartagena tombent ici en ruines.
Elle à l'air de retenir son souffle en attendant une révolution qui tarde à venir. Alejandro, chez qui nous logeons, est sans doute une des rares personnes qui donne une impulsion saine ici, son
cours de cuisine à l'école d'apprentissage est tout neuf et le projet de redécouverte des recettes traditionnelles fait son chemin! Une spécialité totalement maîtrisée: le perro caliente con
salsa de piña (hot dog sauce ananas), un vrai délice!!!!
Après deux jours de paix intégrale, le retour à la civilisation est pénible, à l'arrivée au port de Magangué tous les taxis du monde nous sautent dessus et nous suivent pour nous proposer un
marché, insupportable et on arrive finalement à sauter dans un bus qui roulera toute la nuit vers Medellìn. Je commence à prendre conscience de la longueur de l'article et de l'heure qui
tourne...j'abrège ;)
Medellìn est moche, pleine de béton et en convalescence après des années de guerres civiles entre Escobar, les FARC, le EFL et les paramilitaires. Mais ce sont sans doute tous ces éléments qui en
font une ville socialement très intéressante (réhabilitation des ranchos de la périphérie avec la construction du téléphérique) et culturellement hyper active et so underground! Plein de punks
dont les yeux pétillent à la seule vue du drapeau anglais!
On laisse une ville pour une autre, Bogotà et son vieux centre, ça bouge, ça bouge et surtout c'est l'occasion de revoir de vieux amis, de danser un peu de salsa et de sourire de leur tenue
vestimentaire, la plupart avec le gros manteau et la paire de gant dès que la nuit tombe...bon allez il ne fait pas si froid ;) Le dimanche au soleil de Zipaquirà, près des mines de sel, à goûter
toute les spécialités du coin. Et puis c'est le temps de partir vers la fin de notre voyage ici, direction San Agustin et les ruines précolombiennes.
Changement de décor, paysages magnifiques d'une région qui faisait partie de la zona roja, la zone rouge, de la Colombie, à cause de la guérilla et des paramilitaires. Une infinité de montagnes,
de collines escarpées et verdoyantes, que nous parcourons à cheval pour l'essentiel. Les photos, pour une fois, parlent sans doute mieux que les mots, et plus je découvre les tombes de cette
civilisation inconnue, plus je reste perplexe. Nous récoltons quelques bribes d'informations. Pour l'essentiel, toute la région est façonnée de collines artificielles qui sont en réalité des
tombes vieilles de plus de 2000 ans. Les statues anthropomorphes se mélangent avec celles représentant les défunts, enterrés avec leur possessions et le nécessaire pour l'au-delà, un rituel qui
ressemble étrangement à celui des anciens égyptiens, nous fait remarqué un guide...des yeux allongés, bridés, des pétroglyphes avec un air de Bouddha...1492 et la découverte de l'Amérique, quelle
blague!
Les théories se multiplient et je n'ai pas encore eu le temps de jeter un oeil aux travaux publiés en la matière mais j'ai beaucoup rit de celle de l'ambassade de la confédération galactique de
la lumière, dont je soupçonne les membres d'une consommation d'ayahuasca ou d'herbe sacrée. En bons mangeurs d'étoiles, ils m'ont fait part de ma signature galactique: je suis UaxacImix, le
dragon galactique, comme Itzam qui dévore les hommes marchant dans l'obscurité de l'ignorance pour mettre fin à un cycle et donner une nouvelle vie à la lumière de la connaissance ;) héhéhé
Sur ce, bon vent à vous!
Cuidense,
A plus pour de nouvelles aventures!
ps: J'ai oublié de vous dire mais vous l'aurez certainement noté, le blog est multilangues, il y a un peu de tout et pas de service de traduction ;) ceci dit, espagnol, italien, français, avec un
peu d'imagination c'est tout pareil ;)